Coupe D´Allemagne

DFB-Pokal

La Coupe a ses raisons que la raison ignore – en plus de 80 ans d’existence, la Coupe d’Allemagne, nommée DFB-Pokal, a été le théâtre d’innombrables matchs d’anthologie et d’anecdotes uniques. Voici une sélection non exhaustive des événements qui ont forgé l’histoire de cette Coupe nationale allemande, une compétition qui jouit d’une immense popularité outre-Rhin.

Le premier vainqueur de la Coupe d’Allemagne est le FC Nuremberg, communément surnommé « der Club » : le 8 décembre 1935, devant les 60 000 spectateurs du Rheinstadion de Düsseldorf, Nuremberg remporte la finale sur le score de 2 à 0 face au champion d’Allemagne en titre, Schalke 04. Quatre ans plus tard, Nuremberg devient le premier club à remporter la Coupe une deuxième fois ; mais depuis, le « Club » n’a remporté la compétition qu’en 1962 et 2007, laissant à d’autres clubs le soin de remporter le trophée à de nombreuses reprises.

Non content d’être « Rekordmeister » en Bundesliga, le FC Bayern Munich est également le club le plus dominant en Coupe d’Allemagne, avec pas moins de 21 finales disputées pour 18 gagnées. C’est également le Bayern qui détient la plus large victoire dans l’histoire de la compétition : 16-1 face au club amateur du DJK Waldberg en début de saison 1997/98.

Toutefois, le Pokal ne serait pas le Pokal sans son lot de surprises et ses nombreuses victoires inattendues de « petits » clubs face aux professionnels. A trois reprises depuis 1963, le grand Bayern Munich s’est fait éliminer par des équipes d’amateurs : le FC 09 Weinheim en 1990, le TSV Vestenbergsgreuth en 1994/1995 et enfin le FC Magdebourg, club de 5e division, en 2000/2001.

Chaque saison, l’Allemagne du football assiste à une nouvelle surprise en DFB-Pokal ; toutes les équipes de Bundesliga en ont déjà fait les frais. Lors de la saison 1997/98, l’Eintracht Trèves, pensionnaire de 3e division, élimine coup sur coup les deux champions d’Europes en titre : le FC Schalke 04 (Coupe de l’UEFA) et le Borussia Dortmund (Ligue des Champions).

Cette année-là, Trèves n’atteint pas la finale, mais trois autres clubs amateurs y parviendront : l’équipe réserve du Hertha BSC Berlin (vs. Bayer 04 Leverkusen en 1993), Energie Cottbus (vs. VfB Stuttgart en 1997) et le FC Union Berlin (vs. FC Schalke 04 en 2001). Ces trois équipes, après avoir éliminé une bonne poignée de clubs professionnels sur leur chemin, ont finalement chuté en finale au stade Olympique de Berlin.

Malgré les nombreuses surprises, les vainqueurs de la Coupe sont dans leur immense majorité des clubs de Bundesliga. Seuls les Kickers d’Offenbach (vs. FC Cologne en 1970) et Hanovre 96 (vs. Borussia Mönchengladbach en 1992) ont soulevé la Coupe sans faire partie de l’élite.

La Coupe, dont le vainqueur est automatiquement qualifié en Coupe d’Europe depuis 1960, a également amené son lot de curiosités. En 2000/2001, au second tour de la compétition, le VfB Stuttgart affronte l’équipe réserve du… VfB Stuttgart. Depuis, le règlement a changé afin d’éviter que de telles confrontations ne se produisent avant la finale : à ce jour, jamais deux équipes d’un même club ne se sont affrontées en finale. La finale de 1983 a néanmoins vu s’affronter deux clubs issus de la même ville : ce soir-là, le 1. FC Cologne domine le SC Fortuna Cologne, pensionnaire de 2e division, sur le score de 1 à 0.

Beaucoup d’excitation également un an plus tard, en 1984, lorsque la finale du DFB-Pokal se joue pour la première fois sur une séance de tirs au but. Un seul joueur manquera son tir ce soir-là face au Bayern Munich : un jeune milieu de terrain du Borussia Mönchengladbach nommé Lothar Matthäus, pour son dernier ballon joué pour le club rhénan – Matthäus rejoindra le Bayern la saison suivante, avec le succès que l’on sait.

Mais l’une des plus grandes légendes du DFB-Pokal est sans aucun doute celle de la finale de 1973. Le Borussia Mönchengladbach est en finale face à son plus grand rival, le 1. FC Cologne, mais les projecteurs sont braqués sur un remplaçant du Borussia : Günter Netzer, le maître à jouer du club, champion d’Europe un an plus tôt avec la Nationalmannschaft, venait d’officialiser son transfert au Real Madrid quelques jours plus tôt – il prend donc place sur le banc, sur ordre de son entraîneur Hennes Weisweiler qui prend l’officialisation du transfert comme un affront. 90 minutes plus tard, le score est de 1-1 entre les deux équipes. Günter Netzer en a alors assez d’être spectateur et décide, sans consulter son entraîneur, de remplacer l’un de ses coéquipiers - Netzer entre sur le terrain et fait gagner son équipe quelques secondes plus tard, grâce à un but d’anthologie.

La finale de la Coupe d’Allemagne se dispute au Stade Olympique de Berlin depuis 1985. Auparavant, elle se jouait un peu partout dans le pays. Le nom du stade n’était connu que peu de temps avant, afin d’en choisir un qui ne soit pas situé trop loin des villes des deux finalistes – une décision prise dans l’intérêt des supporters. Aujourd’hui, le Stade Olympique de Berlin est devenu une sorte de « Wembley allemand », si bien que l’on ne plus imaginer meilleur endroit pour une finale.

Le chant de supporters « Berlin, Berlin, nous allons à Berlin » est aujourd’hui profondément ancré dans la « fan-culture » allemande et chaque finale se joue à guichets fermés. La plupart du temps, les places sont déjà vendues avant même que les deux finalistes soient qualifiés (sans compter les contingents réservés aux abonnés des deux clubs).

La Coupe d’Allemagne féminine a également créé de belles histoires depuis sa création en 1980. Le 1. FFC Francfort détient le record de neuf victoires finales, loin devant l’autre club de Francfort, le FSV, vainqueur à cinq reprises. La finale de la Coupe d’Allemagne féminine a lieu à Cologne depuis 2010 et attire chaque année de nombreux spectateurs.

Le trophée de la Coupe féminine a été modernisé par le designer suisse Thomas Hug en 2010 : il mesure 60 centimètres de haut et pèse 11 kilogrammes. Sa valeur brute avoisine les 30 000 euros ; sa valeur sentimentale, évidemment, est bien plus élevée.

Chez les hommes, le trophée mesure 54 centimètres de haut, pèse 6,25 kilogrammes et est forgé en argent sterling, contient 210 grammes d’or pur et est orné de 12 tourmalines, 12 cristaux de roche et 12 néphrites. La Coupe peut contenir jusqu’à huit litres de liquide, soit une caractéristique idéale pour fêter une victoire en finale. En 1991, il a été décidé d’augmenter sa taille: il ne restait plus assez de place pour graver les noms des futurs vainqueurs.

Dix ans plus tard, en 2001, la Coupe a dû subir un nouveau lifting après que Rudi Assauer, directeur sportif légendaire du FC Schalke 04, l’ait faite tomber quand il fêtait la victoire avec son équipe. Rudi Assauer déclara par la suite qu’il prendrait à sa charge tous les coûts de réparation. Chose promise, chose due : une nouvelle page du DFB-Pokal était écrite.