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Trezeguet : « L’Allemagne est un pays qui aime le football »

Auteur du but en or en finale de l’EURO 2000, David Trezeguet sera cette fois-ci actif comme ambassadeur de l’EURO 2020. Pour DFB.de, l’ex champion d’Europe et du monde revient sur ses souvenirs dans cette compétition particulière.

DFB.de : Vous êtes ambassadeur du tournoi, bien que la France ne fasse pas partie des pays hôtes. Pourquoi cet EURO est-il tout de même important pour vous ?

Trezeguet : Comme joueur, j’ai remporté la compétition avec l’équipe de France et inscrit le but en or en finale. Cette compétition m’a impressionné, tout un continent nous regardait. L’année prochaine, ça sera également un très beau tournoi. Le simple fait qu’il se déroule pour la première fois dans 12 pays différents en fait déjà quelque chose d’exceptionnel, même s’il n’y a pas de match en France. Au moins elle est qualifiée, c’est le plus important (rires).

DFB.de : En tant que joueur, auriez-vous aimé disputer une compétition dans toute l’Europe ?

Trezeguet : Bien sûr. C’est une nouveauté que j’apprécie. À mon époque, les compétitions se disputaient dans un seul pays ou éventuellement deux à la fois, comme en 2000 aux Pays-Bas et en Belgique. Maintenant, la compétition est plus ouverte, et je pense que c’est une bonne chose pour les supporters. Pour les joueurs aussi, c’est une occasion de découvrir des ambiances différentes, des nouveaux stades et d’entrer en contact avec des supporters de différents pays.

DFB.de : Les idées nationalistes sont toujours plus présentes, un peu partout en Europe. Cet Euro peut-il justement renforcer l’idée européenne ?

Trezeguet : Oui exactement, c’est l’idée du tournoi. Il faut renforcer le sentiment d’unité. Pour les pays qui ne sont pas encore très développés en matière de football, c’est également une opportunité de se confronter aux meilleures nations. Cela permet aussi de rapprocher les fans entre eux, donc c’est bénéfique pour tout le monde.

DFB.de : Qu’attendez-vous de l’équipe de France pour cet EURO ?

Trezeguet : La France a prouvé, à travers le mondial 2018, qu’elle peut jouer à un très haut niveau et que Didier Deschamps est un excellent coach. C’est avant tout une équipe très disciplinée, qui répond présent dans les moments importants. Elle fait clairement partie des favoris, l’objectif est la victoire finale. Tous les ingrédients sont réunis pour faire un grand tournoi.

DFB.de : Vous avez joué dans plusieurs pays. Que vous ont apporté vos expériences à l’étranger ?

Trezeguet : Mon parcours fait que c’est l’Italie qui m’a le plus marqué, puisque j’ai joué 10 ans à la Juventus, un club qui m’a permis de connaitre le haut niveau. J’ai côtoyé beaucoup de grands joueurs et d’entraîneurs. Nous avions l’ambition de remporter tous les matchs. C’est une période qui m’a marqué, je suis arrivé à 20 ans et je suis repartie quand j’en avais 30. Donc professionnellement, l’Italie a été extrêmement importante pour moi. Mais bien sûr, la France, l’Espagne et les expériences que j’ai pu avoir dans d’autres continents ont également participé à développer ma passion pour le football.

DFB.de : Vous êtes né en France mais vous grandi en Argentine. Etait-ce difficile pour vous de revenir à 17 ans, sans parler la langue ?

Trezeguet : Ce n’était pas simple, en effet. Je voulais à tout prix jouer au football et réussir au plus haut niveau. Ma carrière s’est déroulée de manière exceptionnelle et les rencontres que j’ai faites en arrivant m’ont beaucoup aidé.

DFB.de : Quel a été l’apport de Thierry Henry par exemple ?

Trezeguet : Il a été très important, il m’a beaucoup parlé. C’est un ami, il a eu une grande influence sur moi aussi bien au niveau professionnel que privé.

DFB.de : Pourquoi n’avez-vous jamais joué en Allemagne ?

Trezeguet : C’est simple, l’opportunité ne s’est jamais présentée.

DFB.de : Qu’attendez-vous de la Mannschaft dans les prochaines années ?

Trezeguet : Elle fera partie des acteurs principaux des prochains tournois. Évidemment, j’attends qu’elle joue un football offensif. Elle a aussi ses chances de remporter l’EURO. L’Allemagne a mis en avant des jeunes joueurs dernièrement, comme Gnabry ou Sané, sur qui on peut miser beaucoup d’espoirs. Ils jouent déjà au plus haut niveau en club et ont des très grandes ambitions. Ils sont le présent et le futur de l’équipe d’Allemagne. Nous savons tous que c’est un pays qui aime le football et qui est ambitieux avant chaque tournoi.

DFB.de : Vous-même, vous avez connu des hauts et des bas en équipe nationale. Vous avez été sacré champion du monde en 1998 à domicile, puis champion d’Europe deux ans plus tard. Mais en 2002 et 2004, ça n’a pas aussi bien tourné pour vous. Comment la France a fait pour revenir au plus haut niveau à l’époque ?

Trezeguet : Nous avions une très bonne génération en 98 et 2000. Quand elle est arrivée sur la fin, il a fallu du temps pour reconstruire une nouvelle équipe. En 2002 et 2004, nous étions en crise. Toutes les nations essayent de trouver des solutions dans ces cas là. C’est ce genre des périodes qui permettent à l’équipe mais aussi aux instances de réfléchir et de préparer le futur, afin de pouvoir de nouveau montrer ses qualités et prouver que le travail paie.

DFB.de : En Allemagne, nous gardons un grand souvenir du mondial 2006. Comment l’avez-vous vécu, au-delà de l’aspect sportif ? L’ambiance dans le pays était fantastique, il a même fait beau…

Trezeguet : Pour les joueurs, c’est difficile de ressentir l’ambiance qu’il y a dans le pays parce que nous sommes un peu coupés du reste du monde. Nous n’avions pas vraiment la possibilité d’aller voir ce qui se passait dehors. Mais l’Allemagne est le un pays idéal pour jouer des grandes compétitions, tout était bien organisé et le soleil nous a même accompagnés, donc c’était parfait. En plus nous sommes allés jusqu’en finale donc à ce niveau-là aussi, c’était une grande coupe du monde pour nous.

DFB.de : Qu’est-ce qui vous a aidé à repartir de l’avant, après la déception de la finale perdue et du tir au but manqué ?

Trezeguet : En tant que professionnel, il faut être fort mentalement. C’est le football, il y a des moments où on se sent fort, et d’autres moins heureux. C’est justement dans ces moments qu’il faut montrer ses qualités. Mais bien sûr, ce n’était pas agréable à vivre.

DFB.de : En 2000, vous avez marqué le but en or contre l’Italie en finale. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

Trezeguet : C’était indescriptible, exceptionnel. Nous étions la première nation à remporter l’EURO juste après avoir gagné la coupe du monde. J’étais heureux et fier. Nous avons montré ce dont nous étions capables, et moi aussi à titre personnel. Notre équipe était encore meilleure qu’en 1998. Le but en or, je ne l’oublierai jamais, c’était un sentiment unique.

DFB.de : Qu’est-ce qui a changé dans le football par rapport à la période où vous étiez joueur ?

Trezeguet : Depuis l’instauration de l’arbitrage vidéo, je trouve qu’il y a moins de contacts. Mais l’envie de jouer et de gagner est toujours présente. L’ambition pour tous les clubs et toutes les équipes nationales est toujours la même, à savoir gagner des titres. Certes, les temps ont changé et les joueurs aussi, mais ça fait partie de la vie. La passion pour le football est toujours la même et j’espère que ça ne changera jamais.

DFB.de : Que faut-il pour que des individualités jouent en équipe et arrivent à connaitre le succès ensemble ?

Trezeguet : Le plus important c’est d’être Professionnel et disponible pour l’équipe. La communication et surtout la confiance entre les joueurs et l’entraîneur sont également primordiales. Les progrès techniques permettent aux clubs et aux sélections de progresser et de travailler sur les détails qui font la différence au plus haut niveau. L’équipe et le staff doivent être concentrés sur le même objectif.

DFB.de : Que faites-vous depuis la fin de votre carrière ?

Trezeguet : Depuis quatre ans, je suis ambassadeur de la Juventus, j’apprends à connaitre le football depuis l’autre côté. Je suis également ambassadeur pour la FIFA et l’UEFA. Comme joueur on essaye de montrer sa qualité sur le terrain, maintenant j’essaie d’apporter ma contribution depuis l’extérieur. Je suis en contact avec beaucoup de gens, je prends vraiment du plaisir dans mon nouveau travail. Je suis fier de voir que les gens ne m’ont pas oublié, même plusieurs années après la fin de ma carrière.

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Auteur du but en or en finale de l’EURO 2000, David Trezeguet sera cette fois-ci actif comme ambassadeur de l’EURO 2020. Pour DFB.de, l’ex champion d’Europe et du monde revient sur ses souvenirs dans cette compétition particulière.

DFB.de : Vous êtes ambassadeur du tournoi, bien que la France ne fasse pas partie des pays hôtes. Pourquoi cet EURO est-il tout de même important pour vous ?

Trezeguet : Comme joueur, j’ai remporté la compétition avec l’équipe de France et inscrit le but en or en finale. Cette compétition m’a impressionné, tout un continent nous regardait. L’année prochaine, ça sera également un très beau tournoi. Le simple fait qu’il se déroule pour la première fois dans 12 pays différents en fait déjà quelque chose d’exceptionnel, même s’il n’y a pas de match en France. Au moins elle est qualifiée, c’est le plus important (rires).

DFB.de : En tant que joueur, auriez-vous aimé disputer une compétition dans toute l’Europe ?

Trezeguet : Bien sûr. C’est une nouveauté que j’apprécie. À mon époque, les compétitions se disputaient dans un seul pays ou éventuellement deux à la fois, comme en 2000 aux Pays-Bas et en Belgique. Maintenant, la compétition est plus ouverte, et je pense que c’est une bonne chose pour les supporters. Pour les joueurs aussi, c’est une occasion de découvrir des ambiances différentes, des nouveaux stades et d’entrer en contact avec des supporters de différents pays.

DFB.de : Les idées nationalistes sont toujours plus présentes, un peu partout en Europe. Cet Euro peut-il justement renforcer l’idée européenne ?

Trezeguet : Oui exactement, c’est l’idée du tournoi. Il faut renforcer le sentiment d’unité. Pour les pays qui ne sont pas encore très développés en matière de football, c’est également une opportunité de se confronter aux meilleures nations. Cela permet aussi de rapprocher les fans entre eux, donc c’est bénéfique pour tout le monde.

DFB.de : Qu’attendez-vous de l’équipe de France pour cet EURO ?

Trezeguet : La France a prouvé, à travers le mondial 2018, qu’elle peut jouer à un très haut niveau et que Didier Deschamps est un excellent coach. C’est avant tout une équipe très disciplinée, qui répond présent dans les moments importants. Elle fait clairement partie des favoris, l’objectif est la victoire finale. Tous les ingrédients sont réunis pour faire un grand tournoi.

DFB.de : Vous avez joué dans plusieurs pays. Que vous ont apporté vos expériences à l’étranger ?

Trezeguet : Mon parcours fait que c’est l’Italie qui m’a le plus marqué, puisque j’ai joué 10 ans à la Juventus, un club qui m’a permis de connaitre le haut niveau. J’ai côtoyé beaucoup de grands joueurs et d’entraîneurs. Nous avions l’ambition de remporter tous les matchs. C’est une période qui m’a marqué, je suis arrivé à 20 ans et je suis repartie quand j’en avais 30. Donc professionnellement, l’Italie a été extrêmement importante pour moi. Mais bien sûr, la France, l’Espagne et les expériences que j’ai pu avoir dans d’autres continents ont également participé à développer ma passion pour le football.

DFB.de : Vous êtes né en France mais vous grandi en Argentine. Etait-ce difficile pour vous de revenir à 17 ans, sans parler la langue ?

Trezeguet : Ce n’était pas simple, en effet. Je voulais à tout prix jouer au football et réussir au plus haut niveau. Ma carrière s’est déroulée de manière exceptionnelle et les rencontres que j’ai faites en arrivant m’ont beaucoup aidé.

DFB.de : Quel a été l’apport de Thierry Henry par exemple ?

Trezeguet : Il a été très important, il m’a beaucoup parlé. C’est un ami, il a eu une grande influence sur moi aussi bien au niveau professionnel que privé.

DFB.de : Pourquoi n’avez-vous jamais joué en Allemagne ?

Trezeguet : C’est simple, l’opportunité ne s’est jamais présentée.

DFB.de : Qu’attendez-vous de la Mannschaft dans les prochaines années ?

Trezeguet : Elle fera partie des acteurs principaux des prochains tournois. Évidemment, j’attends qu’elle joue un football offensif. Elle a aussi ses chances de remporter l’EURO. L’Allemagne a mis en avant des jeunes joueurs dernièrement, comme Gnabry ou Sané, sur qui on peut miser beaucoup d’espoirs. Ils jouent déjà au plus haut niveau en club et ont des très grandes ambitions. Ils sont le présent et le futur de l’équipe d’Allemagne. Nous savons tous que c’est un pays qui aime le football et qui est ambitieux avant chaque tournoi.

DFB.de : Vous-même, vous avez connu des hauts et des bas en équipe nationale. Vous avez été sacré champion du monde en 1998 à domicile, puis champion d’Europe deux ans plus tard. Mais en 2002 et 2004, ça n’a pas aussi bien tourné pour vous. Comment la France a fait pour revenir au plus haut niveau à l’époque ?

Trezeguet : Nous avions une très bonne génération en 98 et 2000. Quand elle est arrivée sur la fin, il a fallu du temps pour reconstruire une nouvelle équipe. En 2002 et 2004, nous étions en crise. Toutes les nations essayent de trouver des solutions dans ces cas là. C’est ce genre des périodes qui permettent à l’équipe mais aussi aux instances de réfléchir et de préparer le futur, afin de pouvoir de nouveau montrer ses qualités et prouver que le travail paie.

DFB.de : En Allemagne, nous gardons un grand souvenir du mondial 2006. Comment l’avez-vous vécu, au-delà de l’aspect sportif ? L’ambiance dans le pays était fantastique, il a même fait beau…

Trezeguet : Pour les joueurs, c’est difficile de ressentir l’ambiance qu’il y a dans le pays parce que nous sommes un peu coupés du reste du monde. Nous n’avions pas vraiment la possibilité d’aller voir ce qui se passait dehors. Mais l’Allemagne est le un pays idéal pour jouer des grandes compétitions, tout était bien organisé et le soleil nous a même accompagnés, donc c’était parfait. En plus nous sommes allés jusqu’en finale donc à ce niveau-là aussi, c’était une grande coupe du monde pour nous.

DFB.de : Qu’est-ce qui vous a aidé à repartir de l’avant, après la déception de la finale perdue et du tir au but manqué ?

Trezeguet : En tant que professionnel, il faut être fort mentalement. C’est le football, il y a des moments où on se sent fort, et d’autres moins heureux. C’est justement dans ces moments qu’il faut montrer ses qualités. Mais bien sûr, ce n’était pas agréable à vivre.

DFB.de : En 2000, vous avez marqué le but en or contre l’Italie en finale. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

Trezeguet : C’était indescriptible, exceptionnel. Nous étions la première nation à remporter l’EURO juste après avoir gagné la coupe du monde. J’étais heureux et fier. Nous avons montré ce dont nous étions capables, et moi aussi à titre personnel. Notre équipe était encore meilleure qu’en 1998. Le but en or, je ne l’oublierai jamais, c’était un sentiment unique.

DFB.de : Qu’est-ce qui a changé dans le football par rapport à la période où vous étiez joueur ?

Trezeguet : Depuis l’instauration de l’arbitrage vidéo, je trouve qu’il y a moins de contacts. Mais l’envie de jouer et de gagner est toujours présente. L’ambition pour tous les clubs et toutes les équipes nationales est toujours la même, à savoir gagner des titres. Certes, les temps ont changé et les joueurs aussi, mais ça fait partie de la vie. La passion pour le football est toujours la même et j’espère que ça ne changera jamais.

DFB.de : Que faut-il pour que des individualités jouent en équipe et arrivent à connaitre le succès ensemble ?

Trezeguet : Le plus important c’est d’être Professionnel et disponible pour l’équipe. La communication et surtout la confiance entre les joueurs et l’entraîneur sont également primordiales. Les progrès techniques permettent aux clubs et aux sélections de progresser et de travailler sur les détails qui font la différence au plus haut niveau. L’équipe et le staff doivent être concentrés sur le même objectif.

DFB.de : Que faites-vous depuis la fin de votre carrière ?

Trezeguet : Depuis quatre ans, je suis ambassadeur de la Juventus, j’apprends à connaitre le football depuis l’autre côté. Je suis également ambassadeur pour la FIFA et l’UEFA. Comme joueur on essaye de montrer sa qualité sur le terrain, maintenant j’essaie d’apporter ma contribution depuis l’extérieur. Je suis en contact avec beaucoup de gens, je prends vraiment du plaisir dans mon nouveau travail. Je suis fier de voir que les gens ne m’ont pas oublié, même plusieurs années après la fin de ma carrière.

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