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Nadine Angerer : « Le championnat américain est très physique »

Elle est l’une des plus grandes joueuses de l’histoire du football féminin allemand. En 146 matchs pour l’équipe d’Allemagne, Nadine Angerer a remporté tous les trophées possibles et imaginables. En club, elle a également tout gagné.

Depuis deux ans, Nadine Angerer, aujourd’hui âgée de 39 ans, entraîne les gardiennes du club américain Portland Thorns FC. Cette année, les Thorns ont fini championnes des États-Unis, la gardienne titulaire Adrianna Franch est devenue internationale américaine et a été élue meilleure gardienne de la National Women’s Soccer League.

En interview pour DFB.de, Angerer raconte sa nouvelle vie américaine et explique pourquoi Portland est devenue depuis longtemps sa deuxième maison. Elle évoque le développement du football féminin en Allemagne et avoue sa grande ambition pour les années à venir : devenir l’entraîneure des gardiennes d’une équipe nationale.

DFB.de : Madame Angerer, comment s’est déroulée l’année 2017 pour vous à Portland ?

Nadine Angerer : Oh la la, combien de temps avons-nous pour cette interview ?2017 a été si riche en événements et en succès, je ne sais pas par où commencer.

DFB.de : Commençons par votre situation personnelle.

Nadine Angerer : J’habite à Portland depuis quatre ans et je me sens ici chez moi. C’est désormais notre maison, nous nous y sentons très bien. En même temps, c’était également important pour moi de continuer à voyager beaucoup et de découvrir le monde. J’étais en vacances en Namibie au printemps dernier, puis à Marrakech. Je suis en ce moment en Allemagne avec ma famille. Après le nouvel an, je retournerai aux USA car la nouvelle saison s’apprête à débuter. Il y aura ensuite neuf mois de travail consécutifs à réaliser.

DFB.de : Et sportivement ?

Nadine Angerer : C’était phénoménal. En 2016, nous avons échoué au stade des play-offs avec les Portland Thorns. C’était une grande déception pour les joueuses et les entraîneurs. Mais nous en avons tiré des leçons et sommes revenus encore plus forts en 2017. Nous avons fini deuxièmes à la fin de la saison régulière, puis nous nous sommes imposées en play-offs pour remporter le championnat américain. C’était une immense victoire pour le club. J’étais aussi particulièrement heureuse qu’Adrianna Franch soit appelée en sélection pour la première fois avant d’être élue meilleure gardienne de National Women’s Soccer League. Je le vois comme une véritable distinction pour notre travail et cela me rend très fière. En tant qu’entraîneure, c’était ma meilleure année.

DFB.de : Est-ce que l’Allemagne vous manque malgré tout ?

Nadine Angerer : Non, l’Allemagne me semble loin en ce moment. J’aime revenir en Allemagne pour les vacances, mais ma maison est désormais Portland. J’y ai encore deux années de contrat. Je me concentre uniquement là-dessus.

DFB.de : Observez-vous encore l’Allianz-Bundesliga féminine ?

Nadine Angerer : Bien sûr, je suis le football allemand avec attention – les hommes autant que les femmes. Mais je ressens moins d’émotions qu’autrefois, assez logiquement. Je vois que désormais, la Bundesliga féminine est devenue très équilibrée. Les performances du SC Fribourg sont par exemple tout à fait remarquables. En revanche, j’ai aussi observé que les affluences dans les stades devraient être plus élevées à mon sens.

DFB.de : Comment jugez-vous le niveau du championnat américain en comparaison avec celui de l’Allemagne ?

Nadine Angerer : On me pose souvent cette question. Mais j’ai toujours du mal à faire une comparaison entre les deux championnats. J’en ai discuté avec des joueuses ayant déjà évolué aux USA et en Allemagne. Nous en sommes venues à cette conclusion : le championnat américain est très physique, les joueuses sont toutes en pleine forme. Les duels sont très intenses. Je l’ai remarqué moi-même lorsque j’étais joueuse. Du point de vue du rythme, chaque duel est comparable à une rencontre internationale. Parallèlement, ça joue très direct, dans la verticalité. Beaucoup de longs ballons sont envoyés vers l’avant depuis la défense. C’est selon moi un manque qu’il faut combler et sur lequel nous avons intensément travaillé. Nous avons beaucoup progressé, en grande partie grâce à l’entraîneur Mark Parsons. Malgré cela, le football allemand a encore un temps d’avance au niveau technique et tactique.

DFB.de : Portland pourrait-il rivaliser avec des équipes européennes comme Lyon et Wolfsbourg ?

Nadine Angerer : Oui, j’en suis persuadée. Nous avons d’excellentes joueuses dans notre effectif. Christine Sinclair, Tobin Heath, Lindsey Horan, Amandine Henry, Nadia Nadim et bien d’autres. J’aimerais bien vivre un duel entre Portland et Lyon ou Wolfsbourg. De préférence chez nous, à Portland. Nous avons en moyenne 17 000 spectateurs par match à domicile. Certains matchs étaient même à guichets fermés avec 21 000 personnes dans le stade. C’est une atmosphère dingue et unique dans le football féminin !

DFB.de : Les fans ne viennent-ils en masse qu’à Portland ou est-ce un phénomène qui a lieu partout aux États-Unis ?

Nadine Angerer : Nous sommes numéro 1 sur la liste. Nous n’avons vu aucun autre club comparable jusqu’à maintenant. Les structures sont très professionnelles. Portland est la Mecque du football féminin. Washington et Seattle ont régulièrement 5 000 personnes dans le stade. De ce point de vue, les USA sont en avance sur l’Allemagne.

DFB.de : Que pensez-vous de l’équipe d’Allemagne ?

Nadine Angerer : C’était évidemment une année difficile avec l’élimination à l’EURO et la défaite contre l’Islande. C’est évident que tout ne fonctionne pas bien en ce moment. En raison du décalage horaire, je n’ai pas pu voir tous les matchs. Mais j’ai vu que le jeu de l’équipe peut encore être amélioré. Il faut regarder de l’avant et je suis sûre que l’équipe d’Allemagne peut devenir championne du monde en France en 2019. Il reste deux ans pour arriver à maîtriser les difficultés. J’ai moi-même joué pour l’Allemagne pendant presque 20 ans. Je croise les doigts pour que l’équipe laisse cette mauvaise année derrière elle. L’Allemagne jouit toujours d’une grande admiration à l’étranger, grâce à son énorme envie et ses qualités techniques. Il faut se concentrer sur ces deux forces. Si nous faisons cela, alors je suis optimiste.

DFB.de : Vous êtes actuellement entraîneure des gardiennes de but à Portland. Pensez-vous que vous deviendrez entraîneure en chef un jour ?

Nadine Angerer : Non, pas du tout. Je suis entraîneuses de gardiens, corps et âme. Je ne pense pas que j’y arriverais. Je suis bonne dans ce que je fais, mais le reste, ce n’est pas vraiment mon truc. D’autres sont meilleurs et ce métier leur est réservé. Je suis heureuse d’avoir pu obtenir des responsabilités à la fin de ma carrière à Portland, dans l’un des meilleurs clubs au monde. Je souhaite encore progresser et apprendre dans ce domaine pendant deux ou trois années.

DFB.de : Et ensuite ?

Nadine Angerer : Ensuite, j’aimerais devenir entraîneure des gardiennes d’une équipe nationale.

DFB.de : Celle de l’Allemagne ?

Nadine Angerer : Pas obligatoirement. Pourquoi pas les États-Unis, la France ou l’Angleterre. Le Canada est également intéressant. Je n’ai pas de pays précis en tête, mais à long terme, c’est l’un de mes objectifs. Pour le moment, je me concentre sur mon travail à Portland et je souhaite bien faire les choses. Je n’ai aucune influence sur le reste.

DFB.de : Quels sont vos objectifs pour 2018 ?

Nadine Angerer : La saison avec Portland débute à la mi-mars. La préparation débutera en février. J’ai tout analysé ces dernières semaines, j’ai fait mes devoirs en quelque sorte. Je montrerai les résultats à nos gardiennes en ce début d’année. Nous voulons franchir un palier. Quels sont les points à améliorer, les points à peaufiner ? Le développement est pour moi la chose la plus importante.


Elle est l’une des plus grandes joueuses de l’histoire du football féminin allemand. En 146 matchs pour l’équipe d’Allemagne, Nadine Angerer a remporté tous les trophées possibles et imaginables. En club, elle a également tout gagné.

Depuis deux ans, Nadine Angerer, aujourd’hui âgée de 39 ans, entraîne les gardiennes du club américain Portland Thorns FC. Cette année, les Thorns ont fini championnes des États-Unis, la gardienne titulaire Adrianna Franch est devenue internationale américaine et a été élue meilleure gardienne de la National Women’s Soccer League.

En interview pour DFB.de, Angerer raconte sa nouvelle vie américaine et explique pourquoi Portland est devenue depuis longtemps sa deuxième maison. Elle évoque le développement du football féminin en Allemagne et avoue sa grande ambition pour les années à venir : devenir l’entraîneure des gardiennes d’une équipe nationale.

DFB.de : Madame Angerer, comment s’est déroulée l’année 2017 pour vous à Portland ?

Nadine Angerer : Oh la la, combien de temps avons-nous pour cette interview ?2017 a été si riche en événements et en succès, je ne sais pas par où commencer.

DFB.de : Commençons par votre situation personnelle.

Nadine Angerer : J’habite à Portland depuis quatre ans et je me sens ici chez moi. C’est désormais notre maison, nous nous y sentons très bien. En même temps, c’était également important pour moi de continuer à voyager beaucoup et de découvrir le monde. J’étais en vacances en Namibie au printemps dernier, puis à Marrakech. Je suis en ce moment en Allemagne avec ma famille. Après le nouvel an, je retournerai aux USA car la nouvelle saison s’apprête à débuter. Il y aura ensuite neuf mois de travail consécutifs à réaliser.

DFB.de : Et sportivement ?

Nadine Angerer : C’était phénoménal. En 2016, nous avons échoué au stade des play-offs avec les Portland Thorns. C’était une grande déception pour les joueuses et les entraîneurs. Mais nous en avons tiré des leçons et sommes revenus encore plus forts en 2017. Nous avons fini deuxièmes à la fin de la saison régulière, puis nous nous sommes imposées en play-offs pour remporter le championnat américain. C’était une immense victoire pour le club. J’étais aussi particulièrement heureuse qu’Adrianna Franch soit appelée en sélection pour la première fois avant d’être élue meilleure gardienne de National Women’s Soccer League. Je le vois comme une véritable distinction pour notre travail et cela me rend très fière. En tant qu’entraîneure, c’était ma meilleure année.

DFB.de : Est-ce que l’Allemagne vous manque malgré tout ?

Nadine Angerer : Non, l’Allemagne me semble loin en ce moment. J’aime revenir en Allemagne pour les vacances, mais ma maison est désormais Portland. J’y ai encore deux années de contrat. Je me concentre uniquement là-dessus.

DFB.de : Observez-vous encore l’Allianz-Bundesliga féminine ?

Nadine Angerer : Bien sûr, je suis le football allemand avec attention – les hommes autant que les femmes. Mais je ressens moins d’émotions qu’autrefois, assez logiquement. Je vois que désormais, la Bundesliga féminine est devenue très équilibrée. Les performances du SC Fribourg sont par exemple tout à fait remarquables. En revanche, j’ai aussi observé que les affluences dans les stades devraient être plus élevées à mon sens.

DFB.de : Comment jugez-vous le niveau du championnat américain en comparaison avec celui de l’Allemagne ?

Nadine Angerer : On me pose souvent cette question. Mais j’ai toujours du mal à faire une comparaison entre les deux championnats. J’en ai discuté avec des joueuses ayant déjà évolué aux USA et en Allemagne. Nous en sommes venues à cette conclusion : le championnat américain est très physique, les joueuses sont toutes en pleine forme. Les duels sont très intenses. Je l’ai remarqué moi-même lorsque j’étais joueuse. Du point de vue du rythme, chaque duel est comparable à une rencontre internationale. Parallèlement, ça joue très direct, dans la verticalité. Beaucoup de longs ballons sont envoyés vers l’avant depuis la défense. C’est selon moi un manque qu’il faut combler et sur lequel nous avons intensément travaillé. Nous avons beaucoup progressé, en grande partie grâce à l’entraîneur Mark Parsons. Malgré cela, le football allemand a encore un temps d’avance au niveau technique et tactique.

DFB.de : Portland pourrait-il rivaliser avec des équipes européennes comme Lyon et Wolfsbourg ?

Nadine Angerer : Oui, j’en suis persuadée. Nous avons d’excellentes joueuses dans notre effectif. Christine Sinclair, Tobin Heath, Lindsey Horan, Amandine Henry, Nadia Nadim et bien d’autres. J’aimerais bien vivre un duel entre Portland et Lyon ou Wolfsbourg. De préférence chez nous, à Portland. Nous avons en moyenne 17 000 spectateurs par match à domicile. Certains matchs étaient même à guichets fermés avec 21 000 personnes dans le stade. C’est une atmosphère dingue et unique dans le football féminin !

DFB.de : Les fans ne viennent-ils en masse qu’à Portland ou est-ce un phénomène qui a lieu partout aux États-Unis ?

Nadine Angerer : Nous sommes numéro 1 sur la liste. Nous n’avons vu aucun autre club comparable jusqu’à maintenant. Les structures sont très professionnelles. Portland est la Mecque du football féminin. Washington et Seattle ont régulièrement 5 000 personnes dans le stade. De ce point de vue, les USA sont en avance sur l’Allemagne.

DFB.de : Que pensez-vous de l’équipe d’Allemagne ?

Nadine Angerer : C’était évidemment une année difficile avec l’élimination à l’EURO et la défaite contre l’Islande. C’est évident que tout ne fonctionne pas bien en ce moment. En raison du décalage horaire, je n’ai pas pu voir tous les matchs. Mais j’ai vu que le jeu de l’équipe peut encore être amélioré. Il faut regarder de l’avant et je suis sûre que l’équipe d’Allemagne peut devenir championne du monde en France en 2019. Il reste deux ans pour arriver à maîtriser les difficultés. J’ai moi-même joué pour l’Allemagne pendant presque 20 ans. Je croise les doigts pour que l’équipe laisse cette mauvaise année derrière elle. L’Allemagne jouit toujours d’une grande admiration à l’étranger, grâce à son énorme envie et ses qualités techniques. Il faut se concentrer sur ces deux forces. Si nous faisons cela, alors je suis optimiste.

DFB.de : Vous êtes actuellement entraîneure des gardiennes de but à Portland. Pensez-vous que vous deviendrez entraîneure en chef un jour ?

Nadine Angerer : Non, pas du tout. Je suis entraîneuses de gardiens, corps et âme. Je ne pense pas que j’y arriverais. Je suis bonne dans ce que je fais, mais le reste, ce n’est pas vraiment mon truc. D’autres sont meilleurs et ce métier leur est réservé. Je suis heureuse d’avoir pu obtenir des responsabilités à la fin de ma carrière à Portland, dans l’un des meilleurs clubs au monde. Je souhaite encore progresser et apprendre dans ce domaine pendant deux ou trois années.

DFB.de : Et ensuite ?

Nadine Angerer : Ensuite, j’aimerais devenir entraîneure des gardiennes d’une équipe nationale.

DFB.de : Celle de l’Allemagne ?

Nadine Angerer : Pas obligatoirement. Pourquoi pas les États-Unis, la France ou l’Angleterre. Le Canada est également intéressant. Je n’ai pas de pays précis en tête, mais à long terme, c’est l’un de mes objectifs. Pour le moment, je me concentre sur mon travail à Portland et je souhaite bien faire les choses. Je n’ai aucune influence sur le reste.

DFB.de : Quels sont vos objectifs pour 2018 ?

Nadine Angerer : La saison avec Portland débute à la mi-mars. La préparation débutera en février. J’ai tout analysé ces dernières semaines, j’ai fait mes devoirs en quelque sorte. Je montrerai les résultats à nos gardiennes en ce début d’année. Nous voulons franchir un palier. Quels sont les points à améliorer, les points à peaufiner ? Le développement est pour moi la chose la plus importante.

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