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Corinne Diacre, l’architecte des Bleues pour 2019

Corinne Diacre est la sélectionneuse de l’équipe de France féminine depuis septembre 2017. Son équipe se trouve actuellement en pleine phase de transition ; et ce, à tous les niveaux. Quelques mois avant le match amical face à l’équipe d’Allemagne ce vendredi à Bielefeld (coup d’envoi à 17h55, en direct sur ARD), l’encadrement des Bleues a été fortement remanié : Philippe Joly est le nouveau coach assistant, Michel Ettore le nouvel entraîneur des gardiennes et Anthony Grech-Angelini le nouveau préparateur physique. À la tête de ce staff, Corinne Diacre a pour mission de faire oublier l’élimination prématurée des Bleues lors de l’EURO 2017 (en quarts de finale, tout comme l’équipe d’Allemagne). Assistante du sélectionneur français Bruno Bini de 2007 à 2013 et entraîneure de l’ASJ Soyaux de 2010 à 2013, Corinne Diacre jouit également d’une expérience considérable en tant que joueuse du même club, où elle a passé l’intégralité de sa carrière professionnelle de 1988 à 2007.

Son parcours est hors du commun. Au printemps 2014, elle devient la première Française à obtenir le brevet d’entraîneur de football professionnel, lui permettant d’entraîner des équipes masculines. Quelques semaines plus tard, le Clermont Foot 63 (Ligue 2) lui offre un contrat pour entraîner son équipe première. La suite est une vraie success story : une douzième place obtenue en 2014/2015, une prolongation de contrat jusqu’en 2018, une septième place en championnat la saison suivante et un titre de meilleur entraîneur de Ligue 2 décerné par France Football fin 2015. Pourtant, son arrivée en Auvergne est presque due au hasard : elle n’a pu se faire qu’en raison de la démission de la Portugaise Helena Costa, nommée coach de l’équipe de Clermont quelques semaines plus tôt mais qui décida finalement de renoncer à ses nouvelles fonctions en tout début de saison. Helena Costa travaille désormais pour le service de détection de l’Eintracht Francfort.

La Coupe du monde 2019 en ligne de mire

En 2016 déjà, la Fédération Française de Football (FFF) avait demandé à Corinne Diacre de prendre la succession du sélectionneur Philippe Bergeroo. « On ne quitte pas le navire en septembre », avait-elle répondu. Un an plus tard, elle accepte la nouvelle proposition de la FFF (un contrat de quatre ans) et remplace Olivier Echouafni à la tête de l’équipe. Le président de la fédération Noël Le Graët rachète pour cela la dernière année de contrat de Corinne Diacre à Clermont. « Corinne a beaucoup d’expérience et suit une stratégie de long terme, avec la préparation de la Coupe du monde 2019 à domicile comme objectif », a-t-il déclaré au magazine mensuel de la FIFA. Le but affiché n’est rien de moins que la victoire finale pour l’équipe de France, éliminée dès les quarts de finale lors de ses quatre derniers tournois majeurs (EURO 2013 et 2017, Coupe du monde 2015, Jeux Olympiques 2016).

Du 7 juin au 7 juillet 2019, les attentes seront élevées pour des Bleues qui, à domicile, désireront faire enfin honneur à leur statut de favori. Jusqu’à aujourd’hui, ceci a en effet rarement été le cas malgré leur présence constante sur le podium du classement FIFA ces dernières années (actuellement troisième). Leurs plus grands succès restent leurs victoires aux Tournois de Chypre 2012 et 2014, ainsi qu’à la She Believes Cup 2017.

Une pionnière à la tête de l’équipe

Ancienne défenseure et capitaine de la sélection, Corinne Diacre a disputé trois tournois majeurs (une Coupe du monde, deux EURO) et est devenue la première joueuse à atteindre la barre des 100 matchs en équipe de France. Elle et Elisabeth Loisel (1997-2007) sont les seules femmes à être devenues sélectionneuses des Bleues ; l’an dernier, Loisel est devenue championne de football militaire féminin avec la France.

Afin de remplacer les matchs de qualification dont tout pays organisateur est dispensé, l’équipe de France dispute de nombreux matchs de prestige en attendant « sa » Coupe du monde. Ces derniers se déroulent jusqu’ici sans aucune fausse note pour les joueuses de Corinne Diacre : 1-0 face au Chili, 3-1 face à l’Espagne, 1-0 face à l’Angleterre et 8-0 contre le Ghana. L’enthousiasme de la population se fait déjà ressentir, avec notamment 17 000 personnes à Reims pour France-Ghana et plus de 20 000 à Valenciennes pour France-Angleterre.

Expérience et jeunesse

Le groupe français impressionne malgré sa jeunesse et sa faible expérience internationale. Viviane Asseyi (Olympique de Marseille, 17 sélections, 23 ans) a inscrit un total de trois buts contre l’Angleterre et le Ghana. Estelle Cascarino (Olympique Lyonnais) et Charlotte Lorgeré (EA Guingamp) ont chacune honoré leur première sélection face aux Black Stars, Aminata Diallo (Paris Saint-Germain) sa deuxième et Léo Le Garrec (EA Guingamp) sa troisième. Oulimata Sarr (OSC Lille) et Marion Torrent (HSC Montpellier) comptent chacune quatre sélections, soit une de moins que Valérie Gauvin (HSC Montpellier). Pour accompagner ces jeunes pousses, les défenseures Laura Georges (184 sélections) et Wendie Renard (96), les milieux Élise Bussaglia (177), Eugénie Le Sommer (145) et Gaëtane Thiney (141) ainsi que l’attaquante Marie-Laure Delie (120) et la gardienne Sarah Bouhaddy (127) sont toujours présentes.

Après le match de Bielefeld, la France affrontera la Suède le 27 novembre (Bordeaux), l’Italie le 20 janvier (Marseille) puis disputera la troisième édition de la She Believes Cup fin février avec les États-Unis, la France et l’Allemagne. Tout un programme.

Double responsabilité pour Laura Georges

La présence de Laura Georges est particulièrement intéressante. Âgée de 33 ans, l’expérimentée défenseure est également ambassadrice UEFA pour le développement du football féminin et même secrétaire générale de la FFF depuis mars 2017. Joueuse du Paris Saint-Germain depuis 2013, la Guadeloupéenne, surnommée « Le Roc », disputerait en 2019 sa quatrième Coupe du monde.

Elle pourrait bientôt dépasser le record de sélections détenu par Sandrine Soubeyrand, qui a porté 198 fois le maillot de l’équipe de France entre 1997 et 2013. Avec deux matchs de plus, elle deviendrait même la sixième footballeuse européenne de l’histoire à toucher la barre des 200, comme jadis l’attaquante allemande Birgit Prinz, joueuse européenne la plus capée à égalité avec la Suédoise Therese Sjögran.

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Corinne Diacre est la sélectionneuse de l’équipe de France féminine depuis septembre 2017. Son équipe se trouve actuellement en pleine phase de transition ; et ce, à tous les niveaux. Quelques mois avant le match amical face à l’équipe d’Allemagne ce vendredi à Bielefeld (coup d’envoi à 17h55, en direct sur ARD), l’encadrement des Bleues a été fortement remanié : Philippe Joly est le nouveau coach assistant, Michel Ettore le nouvel entraîneur des gardiennes et Anthony Grech-Angelini le nouveau préparateur physique. À la tête de ce staff, Corinne Diacre a pour mission de faire oublier l’élimination prématurée des Bleues lors de l’EURO 2017 (en quarts de finale, tout comme l’équipe d’Allemagne). Assistante du sélectionneur français Bruno Bini de 2007 à 2013 et entraîneure de l’ASJ Soyaux de 2010 à 2013, Corinne Diacre jouit également d’une expérience considérable en tant que joueuse du même club, où elle a passé l’intégralité de sa carrière professionnelle de 1988 à 2007.

Son parcours est hors du commun. Au printemps 2014, elle devient la première Française à obtenir le brevet d’entraîneur de football professionnel, lui permettant d’entraîner des équipes masculines. Quelques semaines plus tard, le Clermont Foot 63 (Ligue 2) lui offre un contrat pour entraîner son équipe première. La suite est une vraie success story : une douzième place obtenue en 2014/2015, une prolongation de contrat jusqu’en 2018, une septième place en championnat la saison suivante et un titre de meilleur entraîneur de Ligue 2 décerné par France Football fin 2015. Pourtant, son arrivée en Auvergne est presque due au hasard : elle n’a pu se faire qu’en raison de la démission de la Portugaise Helena Costa, nommée coach de l’équipe de Clermont quelques semaines plus tôt mais qui décida finalement de renoncer à ses nouvelles fonctions en tout début de saison. Helena Costa travaille désormais pour le service de détection de l’Eintracht Francfort.

La Coupe du monde 2019 en ligne de mire

En 2016 déjà, la Fédération Française de Football (FFF) avait demandé à Corinne Diacre de prendre la succession du sélectionneur Philippe Bergeroo. « On ne quitte pas le navire en septembre », avait-elle répondu. Un an plus tard, elle accepte la nouvelle proposition de la FFF (un contrat de quatre ans) et remplace Olivier Echouafni à la tête de l’équipe. Le président de la fédération Noël Le Graët rachète pour cela la dernière année de contrat de Corinne Diacre à Clermont. « Corinne a beaucoup d’expérience et suit une stratégie de long terme, avec la préparation de la Coupe du monde 2019 à domicile comme objectif », a-t-il déclaré au magazine mensuel de la FIFA. Le but affiché n’est rien de moins que la victoire finale pour l’équipe de France, éliminée dès les quarts de finale lors de ses quatre derniers tournois majeurs (EURO 2013 et 2017, Coupe du monde 2015, Jeux Olympiques 2016).

Du 7 juin au 7 juillet 2019, les attentes seront élevées pour des Bleues qui, à domicile, désireront faire enfin honneur à leur statut de favori. Jusqu’à aujourd’hui, ceci a en effet rarement été le cas malgré leur présence constante sur le podium du classement FIFA ces dernières années (actuellement troisième). Leurs plus grands succès restent leurs victoires aux Tournois de Chypre 2012 et 2014, ainsi qu’à la She Believes Cup 2017.

Une pionnière à la tête de l’équipe

Ancienne défenseure et capitaine de la sélection, Corinne Diacre a disputé trois tournois majeurs (une Coupe du monde, deux EURO) et est devenue la première joueuse à atteindre la barre des 100 matchs en équipe de France. Elle et Elisabeth Loisel (1997-2007) sont les seules femmes à être devenues sélectionneuses des Bleues ; l’an dernier, Loisel est devenue championne de football militaire féminin avec la France.

Afin de remplacer les matchs de qualification dont tout pays organisateur est dispensé, l’équipe de France dispute de nombreux matchs de prestige en attendant « sa » Coupe du monde. Ces derniers se déroulent jusqu’ici sans aucune fausse note pour les joueuses de Corinne Diacre : 1-0 face au Chili, 3-1 face à l’Espagne, 1-0 face à l’Angleterre et 8-0 contre le Ghana. L’enthousiasme de la population se fait déjà ressentir, avec notamment 17 000 personnes à Reims pour France-Ghana et plus de 20 000 à Valenciennes pour France-Angleterre.

Expérience et jeunesse

Le groupe français impressionne malgré sa jeunesse et sa faible expérience internationale. Viviane Asseyi (Olympique de Marseille, 17 sélections, 23 ans) a inscrit un total de trois buts contre l’Angleterre et le Ghana. Estelle Cascarino (Olympique Lyonnais) et Charlotte Lorgeré (EA Guingamp) ont chacune honoré leur première sélection face aux Black Stars, Aminata Diallo (Paris Saint-Germain) sa deuxième et Léo Le Garrec (EA Guingamp) sa troisième. Oulimata Sarr (OSC Lille) et Marion Torrent (HSC Montpellier) comptent chacune quatre sélections, soit une de moins que Valérie Gauvin (HSC Montpellier). Pour accompagner ces jeunes pousses, les défenseures Laura Georges (184 sélections) et Wendie Renard (96), les milieux Élise Bussaglia (177), Eugénie Le Sommer (145) et Gaëtane Thiney (141) ainsi que l’attaquante Marie-Laure Delie (120) et la gardienne Sarah Bouhaddy (127) sont toujours présentes.

Après le match de Bielefeld, la France affrontera la Suède le 27 novembre (Bordeaux), l’Italie le 20 janvier (Marseille) puis disputera la troisième édition de la She Believes Cup fin février avec les États-Unis, la France et l’Allemagne. Tout un programme.

Double responsabilité pour Laura Georges

La présence de Laura Georges est particulièrement intéressante. Âgée de 33 ans, l’expérimentée défenseure est également ambassadrice UEFA pour le développement du football féminin et même secrétaire générale de la FFF depuis mars 2017. Joueuse du Paris Saint-Germain depuis 2013, la Guadeloupéenne, surnommée « Le Roc », disputerait en 2019 sa quatrième Coupe du monde.

Elle pourrait bientôt dépasser le record de sélections détenu par Sandrine Soubeyrand, qui a porté 198 fois le maillot de l’équipe de France entre 1997 et 2013. Avec deux matchs de plus, elle deviendrait même la sixième footballeuse européenne de l’histoire à toucher la barre des 200, comme jadis l’attaquante allemande Birgit Prinz, joueuse européenne la plus capée à égalité avec la Suédoise Therese Sjögran.

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